Théâtre de Caniveau

Accueilli en résidence du 11 au 17 décembre 2017 pour la création du spectacle En attendant le 3ème type

Le Théâtre de Caniveau naît en 2000 de la collaboration entre Guy Zollkau et Jean-Marc Royon. Ils créent ensemble « Mazout & Neutron, vient rire avant de mourir » qui rencontrera un franc succès. Leur rôle de marginaux qui en donne à voir pour leur argent au public, alors que l’on découvre à peine la télé-réalité, donne un écho très fort à leur travail. Après plus de 800 représentations en France, la route des deux auteurs se sépare. En 2007, le solo « Socrate dans Sam Suffi », un clochard à la verve décapante qui, au travers du contenu de sa poubelle, nous parle de la société avec humour, ironie et poésie. En 2013, « Sortie de Secours, cabaret psychiatrique » rend hommage aux fous et à la psychiatrie alternative en évoquant la complexité de l’inconscient et la frontière ténue entre normalité et folie.

Créations : Socrate dans Sam Suffi(2007), Sortie de secours (2013)

EN ATTENDANT LE 3EME TYPE

Présentation

Le Soldat et l’Africain attendent le troisième type.
Le troisième type, c’est l’altérité absolue, celle qui met en valeur nos ressemblances.
Le troisième type ; c’est celui qui nous effraie ou qui, au contraire, suscite l’espoir naïf d’un monde meilleur.
Le troisième type, c’est celui qui révèle l’absurdité de vivre pour demain alors que c’est le présent qui se trame.
Le troisième type, c’est la possibilité de se réinventer non en cherchant dans les étoiles, mais dans la connaissance de qui on est d’où l’on vient.
Le troisième type, c’est aussi la magnifique liberté son on peut joui pour se recréer.

Notre d’intention

En 2015/2016, le Théâtre de Caniveau a mené un projet clown regroupant artistes professionnels et amateurs. Guy a dirigé la création collective de ce cabaret du « désespoir ». Dans ce cadre, Juliette, guidée par l’envie de jouer avec le drapeau français comme partenaire, a monté un numéro de clown avec un personnage de soldat qu’elle veut mener plus loin. En parallèle, Guy murit depuis quelques années l’envie de travailler autour d’un personnage de clown africain.

Du côté de Juliette, le soldat, c’est la figure du héros de la patrie qui a marqué son enfance, celle de son grand-père, grand résistant, gaulliste convaincu, mais aussi très nationaliste et raciste à demi-mots, et de son arrière-grand-père, mort à Verdun, qui trône en photo dans le salon familial. C’est aussi l’envie de jouer avec les émotions de la peur et de la fierté, de rendre hommage aux femmes révolutionnaires et guerrières Louise Michel, les suffragettes, Jeanne d’Arc (et oui, on se méprend parfois à son sujet), la kaina, les amazones… C’est aussi l’envie de comprendre intimement le processus du clown, pourquoi tant de gens de nos jours désirent se replier sur un nationalisme excessif.

Du côté de Guy, l’africain, c’est le souvenir des publicités Banania, de Bamboula (rappelez-vous les gâteaux), et plus intimement, c’est l’enfant noir qui a grandi dans une famille de blancs. Et qui a pris conscience de sa couleur de peau à l’école, dans le regard et les mots des autres enfants. C’est l’envie de jouer avec la figure du colonisé qui cherche à imiter l’homme blanc dans ses grands mots et dans ses grandes prétentions. C’est aussi l’hommage à ceux qui gardent toujours le sourire quelque soit leur condition sociale, tout en questionnant la tradition ambigüe du clown noir, du black face qui se joue de la figure de l’Oncle Tom et du bon nègre. Car quand l’africain se fait dictateur, il peut être tout aussi féroce que ses anciens maîtres.

De et avec : Guy Zollkau et Juliette Zollkau Roussille
Regard extérieur : Sigrid Bordier